07 / 08 /2008 . 18h57

07 / 08 /2008 . 18h57
- CECI N'EST PAS UNE AUTOBIOGRAPHIE -

Photo : Salomé L-G


# Posté le vendredi 08 août 2008 16:52

Modifié le samedi 09 mai 2009 16:48

Au commencement .

Un paquet de cigarettes, un baume à lèvres & le petit porte monnaie Longchamps beige de Maman. Un sac de fille, joignant l'utile à l'agréable, c'est un peu la trousse de secours, le minimum à avoir. Elle a 16 ans, elle est petite et brune, pas mal d'amis et aussi beaucoup de connaissances, le genre de personne rencontrée en soirées à qui vous dites "bonjour" par politesse, mais dont vous ne vous souvenez pas de son prénom. Elle est douce et résérvée autant qu'elle est impulsive et capricieuse. Charlie, son prénom à elle c'est Charlie. D'après "signification-prénoms.com", Charlie n'est pas un modèle de perfection, mêlant impatience, intolérance, caprices et hypernervosité. Non, mais comme si un ordinateur digne de ce nom pouvait être capable d'affliger un tel portrait. Elle fréquente Arthur, un garçon de son âge, physique de jeune premier, bonne réputation, ainé d'une fratrie de 4 et parents stricts. Charlie, première ES à la rentrée prochaine, le même lycée, les mêmes têtes, le même quart d'heure de métro tout les matins et tout les soirs, le même "bonjour" du voisin quand elle rentre, la même tartine de Nutella, accompagnée du même verre de lait, le même, le même quoi ? La même vie, le même quotidien. L'envie de se débarasser de cette routine qui lui colle à la peau, cette espèce de train-train qui fait parti d'elle, qui provoque parfois des hauts le coeur en pensant à limmensité de ce qui nous entoure, les milliers de découvertes qui nous attendent, l'enrichissement, l'ultime plaisir, l'épanouissement, la vie. Fuir quelque chose de plus ou moins bon, de plus ou moins mauvais, juste fuir. Egoïsme ? Pourquoi est ce si dur de ne penser qu'à soit, pourquoi même, j'en suis incapable ? Parce que je m'appelle Charlie, que j'ai 16 ans, Arthur, une famille, des amis et tout le reste : le chien, le chat, les voisins, le bus, Paris, le Nutella, les rues, les inconnus ... Tout ce qui grouille et gravite en permanence autour de moi. Je suis sensible, bien trop sensible, dans la lune, bien trop souvent dans la lune. J'ai tout pour être heureuse, je devrais même pas étaler ma vie sur un bout de cahier comme à mon habitude, pourtant je le fait : conclure que quelque chose ne va pas.Je m'allonge sur mon lit, j'y relache tout mon poid, et m'y laisse aller. Du vague à l'âme, la playlist défile, je ne contrôle rien, ni la technologie, ni mon corps, je pleure, je pleure, je pleure, je suis d'un faible. Machinalement je me lève, ouvre au plus grand la fenêtre de ma chambre, ouvre violemment mon sac cherchant déséspérément un paquet de cigarettes. Assise sur le rebord, j'allume une première, elle se consumme, puis une deuxième qui se consummera comme la troisième ... Une épave, un lendemain de fête, croulant sous la fatigue, s'écroulant de sommeil.

# Posté le dimanche 10 août 2008 18:57

Modifié le mardi 03 mars 2009 06:07

I.

Il est 17 heures, l'aboiement du chien m'agresse. Je me sens mieux, légère, reposée, embuée dans un épais nuage de chaleur, il faut se dégager de cette couette. Je m'active, j'ai rendez vous chez Arthur dans une heure et demi, j'ai toujours besoin d'autant de temps pour me préparer. Je me douche, me sèche et m'habille. Une petite blouse blanche, fluide, un slim super slim noir, déchiré à la poche arrière, celui que maman aurai voulu recoudre bon nombre de fois jusqu'à ce que je lui fasse entendre raison, & la paire d'escarpins Chloé me réhaussant d'au moins 8 centimètres! Etre capable de rester chic dans n'importe quelle situation fait de nous une fille bien, ou pas. Un coup de crayon khôl, mascara, poudre, j'attrape mon sac, mes cigarettes et je m'échappe par la porte arrière de la maison. Courir à tout vitesse dans cette rue où le bruit des voitures qui y passent est devenu partie intégrante de la vie du quartier, lever le bras en signe de salutation au voisin, manquer de se faire renverser en traversant par un jeune chauffard, attraper un métro, s'asseoir et regarder défiler les stations, dont on connait le moindre détails. Arriver, descendre, sonner, entrer, l'embrasser, s'asseoir, fumer, parler, s'embrasser encore, se rasseoir, refumer, quitter le domicile, rejoindre les amis, boire un verre, deux, trois ... changer de terrasse, une fois, puis une autre... Vagabonder, rire, s'aimer à deux, à trois, à douze. S'aimer. Il est déjà 5heures à mon portable, j'ai l'impression que le temps s'est arrêté, en fait, j'ai perdu la notion du temps. Il faut rentrer, c'est dur. Arthur me soutiens, s'il lache mon bras, je m'effondre, je crois que je suis amoureuse. J'rêvais d'une histoire à rebondissements, quelque chose d'innatendu, de jamais savoir ce qu'il se passera demain et chaque jours découvrir un tas de Trucs. Au lieu de çà, je tombe amoureuse d'un mec doué, qui me semblerai presque parfait, qui me semble trop .. Trop tout. Je regarde son profil, il est beau. Ses cheveux claires, mes cheveux foncés, ses yeux bleux, mes yeux marrons, son côté scientifique, mon côté littéraire, son amour du cinéma, mon amour de la littérature, sa gueule d'ange, ma gueule déchirée, son courage, mes peurs, son côté français, mon côté anglais. Notre relation, nos discutions décousues,nos fous rire, nos sorties, nos amis, nos ballades, tout, je chéri ces moments.

# Posté le jeudi 14 août 2008 04:31

Modifié le mardi 03 mars 2009 06:06